Chacun connait ce sentiment qu'on éprouve lors d'une longue promenade dans une ville étrangère. Soudain, dans la périphérie du champ de vision, nous apparaît parmi tous les passants une personne dont les traits familiers nous rappellent ceux d'un ami cher que l'on n'a pas revu depuis longtemps et que l'on n'aurait jamais soupçonné croiser dans cette ville. C'est par sa démarche, son profil caractéristique, sa blondeur particulière, un détail de l'habillement, qu'on le reconnaît. Sur le moment nous voudrions l'interpeller avec euphorie. La personne se retourne et, soit la lumière du jour a modifié sa silhouette, soit c'est notre regard qui devient plus précis, en tous les cas on se retrouve en face de quelqu'un de totalement inconnu. Tout au plus, on secouera la tête en se disant: «Mais, quelle ressemblance!»
Cette manière de percevoir caractérise aussi notre propre regard sur l'architecture, sur les objets et sur tout ce qui bouge dans une ville.
Monica Studer / Christoph v d Berg